samedi 24 octobre 2009

Corinne Lepage crée le club "Terre Démocrate"

Fondatrice de Cap 21, ancien ministre, cofondatrice et vice-présidente du MoDem, Corinne Lepage vient de renoncer à ses fonctions d'animatrice des commissions thématiques du mouvement. Cette décision est, semble-t-il, l'aboutissement (provisoire ?) de divergences entre elle et François Bayrou sur le mode de gouvernance du MoDem. De fait, Corinne Lepage avait appelé dès le lendemain des Européennes à un rapprochement entre le MoDem et Europe Ecologie ; et par ailleurs elle ne se prive pas de dénoncer le manque de transparence et de démocratie interne qui peut présider à certaines des décisions prises au sein du mouvement. En l'occurrence, elle a expliqué sa démission par la crainte de voir le travail des commissions laissé de côté lors de la préparation du congrès programmatique d'Arras, début décembre.

Parallèlement à cette décision, Corinne Lepage crée "Terre démocrate", un club de réflexion qui se donne pour objectif de rassembler les personnes de sensibilité démocrate (et en premier lieu, les adhérents ou anciens adhérents du MoDem) afin de réfléchir à la construction d'un modèle social d'après-crise, capable d'intégrer les enjeux économiques, sociaux et écologiques qui s'imposent désormais à nous.

Ce club a été créé à l'initiative de Corinne Lepage et d'une vingtaine de personnes issues aussi bien du monde politique (MoDem, Cap 21, PS) que de la "société civile" (responsables d'associations, magistrats, entrepreneurs...). La liste de ces membres fondateurs sera rendue publique début novembre, lors d'une assemblée constitutive.

Originalité du club : l'adhésion en est gratuite, mais elle exige de la part des adhérents des actions concrètes. Une charte en 10 points définit ces obligations, comme par exemple "assurer la promotion des bonnes pratiques environnementales et appliquer ces bonnes pratiques à soi-même".

Il s'agit donc à la fois d'un club de réflexion et d'un regroupement militant. Ce club apparaît également comme une passerelle entre la sphère "démocrate-centriste" et la sphère "écolo-socialiste". D'ailleurs, le sous-titre en est "L'imagination au pouvoir", ce qui ne saurait déplaire à Daniel Cohn-Bendit...

Avec ce club, Corinne Lepage jette les bases d'un rassemblement de citoyens autour de valeurs aujourd'hui en pointe : citoyenneté, humanisme, justice sociale, écologie, démocratie participative... Des valeurs sur lesquelles François Bayrou avait semblé vouloir construire son propre mouvement, avant de se laisser reprendre par les habitudes et les réflexes de la politique à l'ancienne... et de faire ainsi de nombreux déçus.


Edith Marchand
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jeudi 1 octobre 2009

Le MoDem s'oppose fermement à la privatisation de La Poste.

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Voici un communiqué officiel du MoDem des Hauts-de-Seine qui, conformément à la position nationale du Mouvement, s'oppose officiellement et fermement à la privatisation de La Poste.

Nous invitons tous les adhérents et sympathisants du MoDem à participer à la "votation" pour protéger ce service public et manifester aux yeux du gouvernement notre refus de le voir démantelé.



Le Mouvement Démocrate des Hauts-de-Seine s’associe au mouvement de protestation national contre le projet de privatisation de La Poste. Il affirme que l’avenir du service public de La Poste est l’affaire de tous les français.

Le service public postal remplit des missions indispensables en matière d’aménagement du territoire et de lien social. Ses missions de service public dépassent le cadre du service universel du courrier et de la presse, de l’accessibilité bancaire et de la présence postale territoriale, dans les zones rurales comme dans les quartiers populaires.

Compte-tenu de ces missions, il convient donc de considérer que la notion de rentabilité ne soit pas le seul objectif poursuivi par le Gouvernement.

Le gouvernement et la direction de La Poste envisagent le changement de statut de l’établissement public afin de le transformer en société anonyme dans le cadre de la loi de transposition de la directive postale mettant fin au monopole de La Poste sur le courrier de moins de 20 grammes, et ce au 1er janvier 2011.

Pour Marielle de Sarnez, «la directive européenne n’oblige en rien à la privatisation de la Poste mais impose seulement l’ouverture à la concurrence. Il faut des garde-fous à cette ouverture. C’est pour cela que je suis favorable au maintien d’un service universel de la Poste. La notion de rentabilité ne peut être le seul objectif ; c’est pourquoi, je souhaite que l’on puisse légiférer au niveau européen sur les services publics qui sont essentiels à la cohésion nationale et européenne, d’autant plus en période de crise». Cette position forte a été rappelée par Marielle de Sarnez, lors de son chat RTL du 14 mai 2009, dans le cadre des élections européennes.

Le service public postal est déjà l’objet de remises en cause très importantes avec plus de 6 100 bureaux de poste sur 17 000 déjà transformés en «partenariats» ; plus de 50 000 emplois ont été supprimés depuis 2002 sans pour autant qu’une amélioration du service rendu à la collectivité ait été constatée.

En Europe, les privatisations postales ont engendré baisse de qualité de service, augmentation des tarifs et destructions d’emplois.

Nous considérons que le service public postal doit être maintenu, modernisé et rénové afin de répondre aux besoins de la population sur l’ensemble du territoire.

Nous affirmons que la population a son mot à dire sur l’avenir du service public postal, dans le cadre d’un large débat public.

Hier, 30 septembre 2009, le Député MoDem Jean Lassale a publiquement pris position contre le projet du Gouvernement de privatisation de La Poste, dans lequel il y voit «une atteinte à la République française». Il a aussi exprimé son soutien à la démarche citoyenne de "votation", qu'il "faut les multiplier", et qu'il ira voter "de tout son coeur" pour défendre La Poste. Retrouvez l’intégralité de l’interview sur www.mouvementdemocrate.fr



La présidence du MoDem 92

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samedi 12 septembre 2009

Mahomet et la montagne...

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On connaît la formule attribuée à Mahomet : « Puisque la montagne ne vient pas à nous, nous irons à la montagne ». D’une certaine façon, « l’offre publique de dialogue » lancée le week-end dernier par François Bayrou aux diverses formations d’opposition semble s’en inspirer. Et pourtant, à y bien regarder, je me demande si ce n’est pas bel et bien la montagne qui est venue jusqu’à nous.

En effet, suite à cette offre de dialogue, nombre de commentateurs se sont demandé si « le MoDem ne serait pas passé à gauche ». Une interrogation que l’UMP et le Nouveau Centre se sont empressés de transformer en affirmation, avides qu’ils sont de lancer une opération de récupération de militants qu’ils imaginent perplexes ou déboussolés.

A ce sujet, rassurons tout de suite MM. Morin, Bertrand et consorts : les ovations qui ont accueilli à la Grande Motte les discours de François Bayrou et de Corinne Lepage montrent bien que les adhérents du MoDem, dans leur très grande majorité, approuvent la démarche d’ouverture entreprise par notre mouvement. Ces adhérents, comme tous les Français, ont compris depuis longtemps que la situation de notre pays exige une sorte d’union sacrée pour résoudre des problèmes concrets, et que les querelles d’étiquettes ou d’appellations ne sont plus de mise.

Cela dit, le MoDem a-t-il viré à gauche ? Pour ma part, j’ai envie de poser la question inverse : et si c’était la gauche qui avait glissé vers le MoDem ?

Affirmation mégalomane ? Voire. L’élection de Nicolas Sarkozy a marqué un tournant dans l’histoire de la droite française. Pour la première fois depuis la création de la Vème république, nous avons pour président un homme de droite néo-libéral, adepte avoué du modèle américain dans ce qu’il peut avoir de plus inégalitaire. Nicolas Sarkozy revendiquait la « rupture », et c’est bel et bien une rupture qu’il met en œuvre : la rupture avec une tradition française issue de la Libération et du programme du CNR (Conseil National de la Résistance). Cette tradition, faite de principes républicains et de solidarité, a été constamment respectée, au-delà des divergences politiques, par tous nos présidents successifs, de Charles de Gaulle à Jacques Chirac. Mais Nicolas Sarkozy veut rompre avec cette tradition. C’est Denis Kessler, n° 2 du MEDEF à l’époque et proche du président, qui écrivait le 4 octobre 2007 dans le journal Challenges : « Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. (…) Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! ». On ne saurait être plus clair. Et de fait, les réformes entreprises par le gouvernement depuis deux ans vont bien dans ce sens : celui d’une démolition en règle du modèle social français.

Nous sommes passés d’une droite libérale-sociale à une droite beaucoup plus dure, pour laquelle les inégalités croissantes ne sont pas forcément une mauvaise chose, ni les services publics une bonne chose. C’est dire que beaucoup de républicains qui, jusqu’alors, pouvaient sans problème se dire de droite, ne se reconnaissent plus dans le sarkozysme. La droite au pouvoir aujourd’hui n’est pas celle qui était au pouvoir hier.

Du coup, c’est tout le paysage politique français qui a évolué : tout l’échiquier s’est déplacé d’une case à droite. Ainsi, le durcissement de la droite a laissé libre un espace démocrate-social dans lequel une partie du PS s’est naturellement installée. Ce qui a pu occasionner certains déchirements. D’abord, avec le départ de M. Mélenchon et la création du « Parti de Gauche » qui, fort logiquement, s’est bientôt allié avec le PCF. Et aujourd’hui encore, l’évident clivage de ce même PS en deux tendances : celle qui suivrait volontiers le glissement à droite vers une position socio-démocrate mêlée de valeurs républicaines et de la reconnaissance de l’économie de marché, et celle qui se cramponne à un discours plus radical hérité des années pré-mitterrandiennes. Un discours qui sert d’ailleurs d’alibi idéologique beaucoup plus que de doctrine d’action.

Europe Ecologie a également bénéficié de cette évolution. Si les Verts ont pu longtemps être perçus comme des « gauchistes utopistes », trois mouvements se sont conjugués pour les rendre crédibles. D’abord, leur participation active à l’exécutif dans de nombreuses collectivités territoriales (notamment les conseils régionaux ou municipaux) a fait émerger un nouveau profil de responsables écologistes à la fois volontaristes et plus sensibles aux exigences de la gestion « réelle ». Ensuite, l’inquiétude croissante des citoyens devant le risque écologique sous toutes ses formes (OGM, réchauffement climatique, menaces sur la biodiversité…) les a mis sur le devant de la scène. Et enfin, la crise économique et les ravages sociaux provoqués par une politique néo-libérale a donné une forte actualité à leurs discours de remise en cause d’un modèle de société à reconstruire de fond en combles.

Et le MoDem, dans tout ça ? Eh bien, les valeurs démocrates et républicaines défendues par l’UDF étaient jusqu’à Jacques Chirac des valeurs globalement partagées par le RPR. La cohabitation était donc effectivement possible – et on l’a bien vu. Mais avec l’avènement du sarkozysme et de la droite néo-libérale qu’il incarne, ces mêmes valeurs sont aujourd’hui battues en brèche. La cohabitation n’est donc plus possible, sauf pour d’éventuelles raisons alimentaires. Ainsi, n’ayant pas bougé de leurs positions, François Bayrou et le MoDem se retrouvent catalogués par certains « à gauche », simplement parce que tout le reste a glissé vers la droite. La droite traditionnelle s’est muée en droite dure ; une partie de la gauche se retrouve sur des positions proches du MoDem et de ses valeurs de démocratie sociale héritées du CNR.

En somme, ceux qui nous accusent d’avoir « basculé à gauche » ne prouvent qu’une chose : qu’ils sont eux-mêmes passés d’une droite sociale à une droite dure, inégalitaire et obsédée par un modèle américain aujourd’hui désavoué. En croyant nous condamner, ils ne condamnent finalement qu’eux-mêmes.

Ch. Romain


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mardi 8 septembre 2009

Le MoDem propose le dialogue...

A l'issue de l'université de rentrée du MoDem à la Grande Motte (4, 5 et 6 septembre), François Bayrou a prononcé un discours de clôture dont je retiens deux points principaux.

Le premier, c'est l'annonce du congrès programmatique qui se tiendra à Arras le premier week-end de Décembre. Ce congrès aura pour objectif de structurer sous forme de programme le projet de société porté par le MoDem. C'est sans doute là que les résultats des travaux menés depuis plus d'un an dans les commissions animées par Corinne Lepage trouveront toute leur utilité. A titre personnel, je me réjouis d'autant plus de cette annonce que je milite depuis plusieurs mois pour la définition au sein du MoDem d'une "doctrine" qui puisse être traduite, justement, sous forme de programme. On y arrive, et c'est une excellente chose.

Le second, c'est ce que François Bayrou a appelé une "offre publique de dialogue".

Cette offre faisait suite à la participation de Marielle de Sarnez, 1ère vice-présidente du MoDem, à la réunion organisée à Marseille par Vincent Peillon et à laquelle participaient des représentants de quasiment tous les courants de la Gauche. Une participation qui avait fait beaucoup de bruit, tant en interne qu'en externe, et qui n'avait pas toujours été bien comprise par les adhérents.

Cette amorce de dialogue entreprise par Marielle de Sarnez, François Bayrou l'a approuvée et officialisée lors de son discours de clôture. Ce qui a fait dire, en divers endroits, que cet appel représentait un "virage à gauche" du MoDem.

Pour moi, il ne s'agit pas d'un virage à gauche, mais d'une démarche de bon sens appuyée sur une vision lucide et factuelle de la situation politique en France.

Premier point : dans l'état actuel des choses, le gouvernement et le président de la République mènent une politique à laquelle la plupart des adhérents du MoDem sont opposés. Ce n'est pas tant une question de personne (même si certains peuvent trouver M. Sarkozy antipathique ou vulgaire) qu'une question d'options politique et idéologique. Personnellement, je ne veux pas de la France que les actuels dirigeants nous construisent. Je n'en veux ni pour moi, ni pour mes enfants.

Second point : comme nous sommes en démocratie, il faut pour éviter cette construction bâtir une majorité de gens qui y soient opposés. Car seul le fait majoritaire prévaudra.

Troisième point : pour construire une telle majorité, le MoDem doit nécessairement dialoguer avec ceux qui sont également opposés au pouvoir actuel, et rechercher si ses valeurs et ses projets sont ou non compatibles. Par exemple, le FN est opposé sur bien des points au gouvernement actuel, mais il me semble clair que ses valeurs et les nôtres ne sont pas compatibles. En tout cas, la grande majorité d'entre elles. De même, il me semble que les valeurs et les projets du NPA ou du PCF sont globalement incompatibles avec les nôtres (attention : je ne dis pas que FN = PCF = NPA ! Je dis seulement que dans ces trois cas la plupart de leurs valeurs me semblent incompatibles avec les nôtres). Mais il reste un grand nombre de formations avec lesquelles il faut au moins dialoguer pour voir si oui ou non il y a compatibilité - voire plus si affinités.

Quatrième point : il se trouve que, par la force des choses, ces formations sont essentiellement situées à gauche : PS, EE, MRC, PRG, etc. J'écris "par la force des choses" parce que, dans notre système, c'est en général plutôt à gauche que l'on trouve une majorité d'opposants à une politique de droite. Or, sauf erreur, le pouvoir actuel conduit bien une politique de droite, et même pour être plus précis de droite néo-libérale. Donc, nous sommes bien obligés de discuter et de rechercher des points de convergence avec des formations situées plutôt à gauche.

Cela, c'est l'aspect factuel des choses.

Pour autant, le MoDem "bascule-t-il à gauche" du point de vue idéologique ? Je ne crois pas. Il y a des valeurs républicaines qui transcendent le clivage gauche/droite (j'en ai fait personnellement l'expérience à la fondation Marc-Bloch), qui sont admises au MoDem et qui sont aujourd'hui battues en brèche par le pouvoir sarkozyste. Il y a aussi des points sur lesquels le MoDem peut être en désaccord avec la ligne incarnée par Martine Aubry et l'aile gauche du PS, comme il peut être en désaccord sur certains points avec les Verts ou le MRC. Mais nous pouvons parfaitement, en tant que centristes, républicains et démocrates, rechercher des points d'accord avec le PS, les Verts, le MRC ou les PRG sans pour autant brader nos valeurs et nos convictions. Cela, ce n'est plus un point "factuel", mais c'est une conviction personnelle. Une conviction qui fait que je me retrouve parfaitement dans les discours de clôture prononcés dimanche tant par Corinne Lepage que par François Bayrou. Comme, je crois, s'y sont retrouvés un bon nombre d'adhérents et de militants.


Restent des questions posées par certains adhérents.

La première : "Les autres sont-ils prêts à dialoguer avec nous et si oui, quel poids pesons-nous dans ce dialogue ?"

Sur cette question-là, je suis sans inquiétude : les formations de gauche ou de centre-gauche ne sont pas plus bêtes que nous et certaines pèsent moins lourd que le MoDem. Donc, ce dialogue aura lieu. C'est inévitable et c'est souhaitable. Et il aura lieu sans que nous risquions de "perdre notre âme" ou de devenir la "béquille" de qui que ce soit. L'émission d'Yves Calvi lundi 7 a montré, sans grande surprise, que le PCF ou le NPA sont plutôt réticents à un dialogue avec le MoDem mais que les Verts et le PS (en tout cas, l'aile incarnée par Vincent Peillon) y sont tout à fait réceptifs. Le travail programmatique qui trouvera son aboutissement au congrès d'Arras sera important de ce point de vue, mais en tout cas les bonnes volontés sont là de part et d'autre.

La seconde : "Dès lors que nous nous ouvrons à l'opposition, comment devons-nous gérer les situations locales où le MoDem est allié à l'UMP ?"

C'est une vraie question. Sur les assemblées où le MoDem siège avec la droite, il y a évidemment des clarifications à apporter. Mais faut-il pour autant tomber dans l'opposition stérile et systématique à l'échelon local ? Un maire UMP qui fait du bon boulot dans sa ville est-il responsable du démembrement de l'Education nationale, de la privatisation des services publics, de la dégradation de l'hôpital public ou du bouclier fiscal ? il faut, je crois, distinguer les divers niveaux de responsabilité et l'implication relative, au sein de l'UMP, de telle ou telle personne avec laquelle des alliances ont pu être conclues à l'échelon local. En revanche, il y a du ménage à faire dans nos propres rangs. En particulier, vis à vis de certains élus MoDem qui, de façon officielle, s'affirment comme faisant partie de la majorité présidentielle.

Clarification et organisation internes, travail programmatique et dialogue ouvert aux différents échelons, tels sont les grands chantiers auxquels nous devons nous atteler.



Ch. Romain

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dimanche 19 juillet 2009

Sondages : de petits arrangements entre amis ?

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On se souvient peut-être que, lors de la campagne pour les élections européennes, François Bayrou avait exprimé quelques doutes quant à la sincérité des sondages publiés par certains instituts.

Le récent rapport de la Cour des Comptes sur les dépenses de l’Elysée vient de redonner à cette question une certaine actualité.

En effet, dans ce rapport, la Cour des Comptes pointe l’existence d’un contrat entre l’Elysée et l’institut de sondage OpinionWay. Un contrat qui prévoit d’une part le paiement de 10 000 Euros d’honoraires mensuels à un cabinet servant d’intermédiaire, et d’autre part l’achat à OpinionWay de 35 études pour un montant de l’ordre de 1,5 million d’Euros.

Jusque là, dira-t-on, rien d’anormal. Il n’est pas étonnant que l’Elysée souhaite connaître l’état de l’opinion sur tel ou tel sujet. C’est même plutôt rassurant.

Là où les choses se corsent, c’est que, selon la Cour des Comptes, 15 de ces 35 études ont ensuite fait l’objet d’une publication quasiment à l’identique dans les médias. Or, il est d’usage que les médias paient eux-mêmes les sondages qu’ils publient, ne serait-ce que pour des raisons d’indépendance et d’objectivité. En effet, en amont d’un sondage, il y a sa préparation et surtout la façon dont les questions sont libellées, ce qui peut grandement influencer le résultat et son interprétation.

La Cour des comptes fait donc observer que ces 15 sondages, qui ont coûté 400 000 Euros, n’auraient pas dû être payés par l’Elysée. Par ailleurs, le contrat avec OpinionWay a été signé sans appel d’offres ni mise en concurrence. Sans être illégale, cette démarche est inhabituelle et la Cour des Comptes a tenu à le souligner.

Mais ce n’est pas le plus intéressant.

Le plus intéressant, c’est que les sondages ont été publiés (et donc largement répercutés) par Le Figaro et par la chaîne LCI. Or, LCI, c’est une filiale de TF1, propriété de Martin Bouygues, un très grand ami de Nicolas Sarkozy puisqu’il est même parrain de l’un des enfants du président. Quant au Figaro, son directeur des rédactions est le célèbre Etienne Mougeotte, qui fut pendant vingt ans vice-président et directeur d’antenne de TF1 en même temps que président de… LCI.

Si on gratouille encore un peu, on trouve que le dirigeant et principal actionnaire du cabinet qui servait d’intermédiaire entre l’Elysée et OpinionWay est un dénommé Patrick Buisson. Ce monsieur, qui ne fait pas partie du staff officiel de Nicolas Sarkozy, est pourtant (semble-t-il) l’un de ses conseillers influents pour les questions relatives à la communication et aux sondages d’opinion. Il a été directeur du journal d’extrême-droite Minute et chroniqueur à... LCI. En 2007, il a reçu la Légion d’honneur des mains de Nicolas Sarkozy lui-même. A ses moments perdus, il travaille à la formulation des questions pour les sondages commandés par l’Elysée. Et le reste du temps, il est directeur de la chaîne Histoire, une chaîne thématique appartenant à… TF1.

Et si on gratouille encore, on découvre que OpinionWay appartient au groupe Bolloré. Vincent Bolloré, c'est ce milliardaire breton très mouillé dans la Françafrique, propriétaire d'Havas et qui, au lendemain de l'élection de Nicolas Sarkozy, lui a prêté son jet privé et son yacht pour quelques jours de vacances bien méritées.

Donc, tout ça semble dessiner une espèce de petit jeu entre amis qui ne donne pas une très grande impression de transparence ni d'impartialité.

Faut-il pour autant en conclure que certains sondages sont truqués ou que l’Elysée a pu chercher à manipuler l’opinion ? Ce serait sans doute excessif. OpinionWay n’est pas le seul institut, et d’une façon générale les diverses études publiées par divers médias donnent des résultats comparables. Quant au Figaro, ses sympathies pour M. Sarkozy sont bien connues, et il n’est donc pas étonnant de le voir «interpréter» des résultats de sondages dans un sens favorable à l’Elysée. C’est pourquoi les dénonciations virulentes de certaines personnalités politiques à propos de cette affaire (en particulier, la députée socialiste Delphine Batho) sont peut-être excessives.

Il semble néanmoins que les sondages OpinionWay commandés par l’Elysée sur les sujets qui fâchent (popularité du gouvernement, travail le dimanche…) se sont retrouvés dans Le Figaro sans que les journalistes du titre aient eu leur mot à dire. Ce qui est certain, c’est que la Société des Rédacteurs du Figaro s’est fendue d’un communiqué exprimant sa «consternation» à la lecture des révélations de la Cour des Comptes et demandant à sa direction de «mettre immédiatement un terme à ce type de coproduction qui nuit gravement à la crédibilité des titres du groupe».

Quant à OpinionWay, il a publié un communiqué expliquant que les questions payées par l’Elysée et par Le Figaro-LCI, bien que posées en même temps, n’étaient pas les mêmes et faisaient l’objet de facturations séparées, suivant le principe appelé «enquête Omnibus». L’institut affirme donc que les conclusions de la Cour des Comptes sont erronées. Et il rappelle par ailleurs qu’il a des clients de gauche (conseil régional d’Ile-de-France, mairie de Paris…) aussi bien que de droite.

Bref, tout ça n’est pas très clair.

On savait déjà que les sondages devaient être lus en gardant à l’esprit que leur signification statistique est parfois très douteuse. Désormais, il faudra aussi se demander qui les paye…

Comme disait Dutronc : plus on s’informe, plus on ne sait rien.

Ch. Romain

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dimanche 5 juillet 2009

Conseil national : le MoDem remet ses pendules à l’heure.



Hier samedi 4, le MoDem a tenu à huis-clos un conseil national destiné à tirer les leçons des élections européennes et à définir ses orientations pour les prochains mois.

Au lendemain d’un scrutin décevant pour le MoDem, de nombreuses voix se sont élevées à l’intérieur du mouvement pour réclamer des changements d’organisation et un mode de gouvernance plus collégial. Parmi ces voix, on peut citer celle de Corinne Lepage ou celle de Christophe Ginisty, candidat aux Européennes pour l’Ile-de-France et initiateur d’un mouvement revendicatif qui, sous l’appellation des «Promoteurs», a rassemblé quelques 250 cadres, adhérents ou sympathisants du MoDem. Une initiative parfois présentée à tort comme une «fronde», et dont l’objectif affirmé était d’obtenir une meilleure écoute par les dirigeants des propositions et des avis de la base.

Lors de ce conseil national, François Bayrou a réaffirmé son intention de proposer un projet politique «compréhensible» et répondant aux préoccupations des Français. C’est une réponse à ce besoin urgent de doctrine et donc de lisibilité que j’ai pu souligner à différentes reprises dans mon analyse des résultats du scrutin (voir ICI). Un grand congrès programmatique, de projets et d'idées sera organisé pour cela à l'automne, a-t-il annoncé.

«C'était un débat comme je les aime où la parole était libre. Des décisions ont été prises, j'ai l'impression d'avoir été entendue», s'est aussi félicitée Corinne Lepage, députée européenne, vice-présidente du Mouvement Démocrate. Le député européen, Jean-Luc Bennahmias, a évoqué, pour sa part, une nécessaire «thérapie de groupe». «Il n'y a pas eu de contestation de la ligne du MoDem ou de François Bayrou», a assuré Eric Azière, responsable des fédérations et des élections. «C'est un exercice utile et salutaire. Le MoDem est un parti qui a 18 mois d'existence et le temps était venu de renforcer ses fondations», a estimé Marielle de Sarnez, députée européenne et vice présidente du Mouvement Démocrate.

Concernant les Régionales, François Bayrou a indiqué que son mouvement adopterait une «stratégie cohérente au niveau national et pas une stratégie différente dans chaque région. (…) Nous allons y réfléchir à partir de notre université de rentrée (du 4 au 6 septembre) et décider de cette stratégie avec l'ensemble de nos mouvements départementaux», a-t-il précisé.
 «On aura une orientation nationale pour les 22 régions et pas, comme aux Municipales, une stratégie à géométrie variable qui avait été mal comprise par les électeurs et par l'opinion», a déclaré Eric Azière. «Nous avons décidé en même temps de mettre en place une réflexion sur une désignation directe des candidats par les militants et peut-être, plus largement, par les militants et les sympathisants du Mouvement Démocrate, a indiqué François Bayrou. Tout le monde est convenu que c'était extrêmement difficile. Mais en même temps, il nous semble qu'il est temps que tous ceux qui appartiennent à cette formation politique soient partie prenante de la désignation de ceux qui les représenteront.» Eric Azière a évoqué, pour sa part, une «stratégie de rassemblement», évoquant une ouverture à des personnalités de la société civile, à des responsables associatifs ou syndicaux. François Bayrou a conclu que le Conseil National avait manifesté «un très grand mouvement en faveur de l'autonomie dans toutes les régions».


Les 9 décisions adoptées 
à l’issue du conseil national sont les suivantes :

1) Élargissement du Bureau Exécutif avec des responsables de terrain élus et non élus, qui sera effectué dans la semaine du 11 juillet ;
2) Création d’une équipe de porte-parole nationaux thématiques, chacun ayant la responsabilité d’une commission nationale ;
3) Création d’un groupe d’adhérents auprès du Bureau Exécutif pour contribuer au règlement des questions d’organisation interne ;
4) Renforcement du «droit à la médiation» défini au sein des statuts du Mouvement Démocrate par la création d’un groupe de médiateurs nationaux à disposition des 95 mouvements départementaux démocrates ;
5) Tenue d’un Congrès programmatique à l’automne ;
6) Mise en place d’un groupe de travail permanent sur la stratégie et la communication ;
7) Mise en place d’un groupe de coordination des stratégies numériques ;
8) Publication de l’ordre du jour du Bureau Exécutif hebdomadaire et du relevé de décisions afférent ;
9) Ouverture de la réflexion sur les modalités d’implication des adhérents du Mouvement Démocrate à la désignation des candidats aux élections régionales, et sur les modalités d’association de la société civile.

Certaines de ces décisions sont d’application immédiate, d’autres à plus long terme, ce qui est parfois surprenant. On peut se demander par exemple comment la décision n° 9 pourra être mise en œuvre de façon efficace, compte-tenu du calendrier des prochaines élections régionales (mars 2010 !) : le processus de «réflexion» pourra-t-il déboucher à temps sur une organisation concrète permettant une désignation des candidats en Décembre ou Janvier ? Et la précipitation qui risque de s’ensuivre ne sera-t-elle pas un nouveau facteur de défiance et de frustration ?

Mais ne boudons pas notre plaisir : il était indispensable pour notre jeune mouvement de remettre à l’heure un certain nombre de pendules. Toutes ne le seront pas tout de suite, mais il est manifeste que le message a été entendu. Il faut maintenant serrer les rangs et canaliser toutes les énergies dans le même sens. C’est, au premier chef, le rôle des dirigeants, mais aussi celui des hommes et des femmes qui ont su organiser les interrogations et les doutes des militants.

Ch. Romain
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dimanche 21 juin 2009

L'Université d'été : du 4 au 6 septembre 2009

Cette année, l'université d'été du MoDem se tiendra à la Grande-Motte (Hérault) du 4 au 6 septembre 2009.

Cette université est ouverte aux adhérents, à qui elle propose des ateliers de formation pratiques ou des cycles de conférence, mais également aux sympathisants du mouvement et au grand public. C'est une excellente occasion pour adhérents et militants de toute la France de se retrouver, d'échanger et de faire connaissance.

Les inscriptions sont d'ores et déjà ouvertes, avec plusieurs tarifs (individuel, couple...) et une réduction sur les frais d'inscription si vous vous inscrivez avant fin-Juillet.

Pour en savoir davantage sur l'organisation, le programme et les tarifs, cliquez ici.
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