mercredi 10 février 2010

Synthèse : les pronostics MoDem région par région - mise à jour du 10/2.

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Si nous sommes relativement fournis en sondages nationaux, les sondages région par région sont nettement plus rares. Ce sont pourtant les seuls vraiment intéressants, puisque les scrutins seront régionaux et, par conséquent, les résultats aussi !

Pour essayer d’y voir un peu clair, j’ai repris dans ce tableau les chiffres d’intentions de votes octroyées au MoDem dans les divers sondages régionaux ou nationaux que j’ai pu retrouver. Il en manque certainement. Si vous avez des chiffres à communiquer, notamment concernant les nombreuses régions pour lesquelles je n’ai rien trouvé, je suis preneur !

Ce tableau sera tenu à jour, dans la mesure du possible, au gré de la publication de nouveaux sondages.

A noter que certaines variations fortes s’expliquent parfois par les événements politiques locaux : changement de tête de liste, annonce d’alliance, etc.

La Corse ne figure pas dans cette liste car les sondages disponibles ne sont pas faits sur les étiquettes politiques. De même, je n’ai pas trouvé de sondages significatifs pour les régions d’Outre-mer.


Oct. – Nov. 09

Déc. 09 – Jan. 10

Fev. – Mars 10

ALSACE

7%

-

4% -

AQUITAINE

AUVERGNE

BASSE NORMANDIE

BOURGOGNE

BRETAGNE

CENTRE

8% -

CH. – ARDENNE

FRANCHE – COMTE

HAUTE NORM.

ILE DE FRANCE

8% - 10%

6% - 5% - 5%

5% - 3% - 5%

LANGUEDOC – R.

5%

3%

8% - 5% / 2,5% -

LIMOUSIN

LORRAINE

MIDI-PYRENEES

5%

NORD – PDC

PAYS DE LOIRE

PICARDIE

4%

POITOU-CHAR.

PACA

5,5% - 7%

3%

4% - 3%

RHONE - ALPES

8%

8%

TOTAL FRANCE

7% - 8% - 6% - 7% - 6%

8% - 9% - 6,5%

4% - 6%

En Languedoc-Roussillon, à partir de début Février, je fais apparaître deux chiffres. Le premier concerne la liste menée par Patrice Drevet, le second la liste menée par Marc Dufour. En effet, les deux listes se revendiquent du Modem.


Faute de place (et d'envie), je n'ai pas indiqué les références précises de chacun des sondages évoqués, ni leur date précise. En revanche, ils sont indiqués par ordre chronologique, du plus ancien au plus récent.

Encore une fois : si vous avez des chiffres à communiquer pour compléter ce tableau, n’hésitez pas à les laisser en commentaires. Merci d’avance !


Christian Romain

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mercredi 27 janvier 2010

Le sénateur About sera-t-il exclu du MoDem ?


La nouvelle est tombée avant-hier : le sénateur Nicolas About, président du groupe centriste au Sénat et membre du MoDem, se «met en congé» du mouvement pour rejoindre la liste conduite par l’UMP Valérie Pécresse dans le cadre des élections régionales de mars prochain. Rappelons que le turbulent sénateur avait déjà créé des remous lorsqu’à différentes reprises, en 2009, il avait affirmé se considérer comme un membre de la majorité présidentielle. Avec ce ralliement à Valérie Pécresse, il semble avoir bel et bien franchi le Rubicon.

Dans les interviews accordées à cette occasion, Nicolas About précise bien qu’il ne démissionne pas du MoDem. Il laisse donc le soin aux instances du parti – c’est à dire, in fine, à François Bayrou – la décision de l’exclure ou non.

Et c’est là que le bât blesse. Car dans les mêmes circonstances, le Béarnais a fait preuve d’une intransigeance et d’une rapidité de décision inhabituelles. Ainsi Alexis Blanc, patron de la fédération de Charente-Maritime, a été exclu pour s’être rallié à la liste de Ségolène Royal. Et Laurent Gérault, président du MoDem de Maine-et-Loire, a été poussé à la démission après avoir décidé de faire liste commune avec l’Alliance centriste de Jean Arthuis. Quant à Georges Fandos, il a été suspendu après s'être rallié à Europe Ecologie dans le Languedoc-Roussillon. Il est vrai que, dans deux des trois cas, les virés prétendaient partir avec «leur» liste, tandis qu’About ne représente que lui-même. Mais en revanche, une alliance avec les centristes , les Verts ou le PS De Mme Royal paraît moins iconoclaste, dans la stratégie actuelle du MoDem, qu’un ralliement à la majorité de Nicolas Sarkozy. Alors ?

Alors… Alors, Nicolas About est sénateur. Et par les temps qui courent, vu le faible nombre de parlementaires qui restent au MoDem (3 députés et 7 sénateurs), un sénateur n’a pas de prix. Il y a donc gros à parier que François Bayrou va s’empresser de ne rien faire et laisser Nicolas About courir son aventure sans lui mettre trop de bâtons dans les roues. Exactement comme il l’a fait lorsque Michel Mercier, autre sénateur turbulent et de surcroît membre du BurEx et trésorier du MoDem, s’est «mis en congé du mouvement» pour devenir ministre du gouvernement Fillon.

Evidemment, cette affaire ne va pas aider l’électeur moyen à mieux comprendre le message et le positionnement du MoDem. On donnera plutôt l’impression d’être retombé dans le centrisme à la papa, tout d’opportunisme et de copinage intéressé. Mais peut-être l’important, pour sa direction, est-il que le MoDem puisse aborder 2012 dans un état relativement présentable ?


Dernière heure : J'apprends ce jeudi 28/01 par une dépêche AFP que M. Luc Binsinger, président du MoDem de Meurthe-et-Moselle, sera dans les dix premiers candidats sur la liste UMP pour la région Lorraine. Et qu'il prétend néanmoins conserver ses fonctions au sein du MoDem. En somme, exactement le même comportement que le sénateur About. François Bayrou fera-t-il deux poids et deux mesures ?


Christian Romain


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jeudi 14 janvier 2010

Premier sondage de l'année pour les Régionales en Ile-de-France !

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L'IFOP et le magazine Valeurs actuelles nous offrent ce mercredi 13 le premier sondage de l'année concernant les Régionales en Ile-de-France.

Ce sondage a été effectué entre le 7 et le 11 janvier auprès de 1 050 personnes représentatives de la population francilienne. 16 % des personnes interrogées n'ont pas souhaité répondre.

Sans surprise, le trio de tête est constitué dans l'ordre de l'UMP (32 %), du PS (24 %) et des Verts (17 %). Viennent ensuite le Front national (8 %) et le Front de gauche (6 %). Le MoDem arrive sixième avec 5 % des intentions de vote, suivi du NPA d'Olivier Besancenot (4 %), de "Debout la République" (2,5 %) et de l'Alliance Ecologique Indépendante (1,5 %).

Interrogés sur la crédibilité des différentes listes pour résoudre divers problèmes régionaux, les répondants ont placé l'UMP en tête pour l'emploi, l'enseignement supérieur, la maîtrise des impôts et l'amélioration de la sécurité. Le PS vient en tête pour la construction de logements ; les Verts arrivent en tête pour la modernisation des transports en commun et pour la protection de l'environnement.

Les transports sont considérés par les Franciliens comme leur problème n° 1.

Ces indications pourront peut-être aider le MoDem à hiérarchiser les priorités du programme régional qui sera révélé aux électeurs début Février. En tout cas, à un peu plus de huit semaines du scrutin, et alors que le MoDem n'est pas encore entré officiellement en campagne (ce sera chose faite le 24 janvier), on mesure le chemin à parcourir pour retrouver un poids significatif dans ce scrutin !


Ch. Romain

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samedi 28 novembre 2009

Lettre ouverte à Alain Dolium, tête de liste «pressentie» pour le MoDem en Ile-de-France.

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Cher Alain,

Tout d’abord, que les choses soient claires : je fais partie des nombreux militants et adhérents choqués par les modalités de désignation de nos futures têtes de listes régionales. Je l’ai dit et répété sur assez de blogs divers pour qu’il soit inutile d’y revenir.

Pour autant, je ne confonds pas le processus avec le candidat. Vous avez été choisi, nul ne peut vous tenir rigueur de la façon dont vous l’avez été. Vous bénéficiez d’un traitement de faveur ; je vois mal comment vous pourriez refuser de vous y prêter. Et j’ai observé que, pour votre part, vous êtes attentif à rappeler chaque fois que possible qu’il revient aux adhérents de vous investir. Je n’ai donc aucun grief contre vous.

Au surplus, tout ce que je peux connaître de vous m’impressionne favorablement. D’info google en témoignage d’adhérent, d’article de presse en prestation télévisée, je vois se dessiner l’image d’un homme volontaire, efficace, sympathique et compétent. Vous incarnez une certaine forme de réussite à la française, un certain élitisme républicain que je me plais à saluer. Plus que vos propos, c’est votre parcours qui plaide pour nos valeurs de mérite, d’égalité républicaine et de fraternité. C’est vous dire que, toute choses égales par ailleurs, votre candidature me convient tout à fait.

C’est pourquoi je vous lance un appel : sous réserve que les adhérents confirment votre investiture le 15 décembre, je vous demande de conduire la liste du MoDem dans notre département des Hauts-de-Seine.

Plusieurs raisons me font vous adresser cette demande.

D’abord, le 92 est avec Paris le département le plus peuplé d’Ile-de-France. C’est donc l’un de ceux où l’impact positif de votre candidature sera maximal.

En second lieu, vous êtes vous même un enfant du 92, puisque (sauf erreur de ma part) né et/ou grandi à Malakoff. Votre exemple et votre discours auraient donc un formidable effet sur les jeunes des quartiers défavorisés de Nanterre, Gennevilliers, Bagneux, Malakoff et autres villes populaires. En même temps, votre réussite dans les NTIC est susceptible de séduire des électeurs plus aisés et «bobo» qui constituent eux aussi une part importante de la population altosequanaise. Vous êtes donc à même de rassembler des électorats divers de notre département.

En troisième lieu, vous êtes noir. Personnellement, je trouve cela sans importance et je ne vais pas vous faire moi aussi la remarque stupide du «Obama français» ; mais il se trouve que l’UMP met face à nous dans le 92 une personnalité noire très charismatique : Rama Yade. Un argument qui, qu'on le veuille ou non, jouera en faveur de la liste sarkozyste et que votre présence chez nous permettra de contrebalancer.

En quatrième lieu, le 92 est le département emblématique où Jean Sarkozy a failli prendre la tête de l’EPAD sans aucune qualification, par protection népotique. Votre réussite, fondée sur votre mérite et sur votre travail, viendra offrir un contraste saisissant avec l’affaire Jean Sarkozy. Ce contraste nous fournira un formidable argument de campagne.

Ma dernière raison est plus égoïste, puisqu'elle vise au bien de mon département. En tant qu'adhérent des Hauts-de-Seine, je dois vous confesser que le MoDem 92 souffre actuellement de graves déchirements internes dus à l’affrontement de quelques-uns pour obtenir la tête de liste départementale. Votre venue aurait donc l’immense avantage de régler la question sans faire de perdants et de rassembler derrière vous l’ensemble des militants du département.

Pour toutes ces raisons, cher Alain, je pense qu’il est de votre intérêt, de celui du MoDem et de celui du 92 de vous voir mener cette liste départementale.

Ainsi donc, et - je le répète - sous réserve que votre candidature soit avalisée par les adhérents, je vous demande de prendre la tête de liste des Hauts-de-Seine pour les élections de mars prochain. Ce sera, j'en suis persuadé, le meilleur gage de victoire pour notre mouvement.

Je suis également persuadé que de très nombreux adhérents altosequanais se joindront bientôt à moi pour appuyer cette demande. Je viens d'ailleurs de créer un groupe Facebook pour recueillir leurs soutiens : "Pour qu'Alain Dolium, une fois investi, prenne la tête de liste du 92".

Dans l'attente de votre réponse, je vous adresse, cher Alain, mes amitiés démocrates.



Christian ROMAIN
Vice-président du MoDem de Nanterre
Conseiller départemental du 92

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samedi 24 octobre 2009

Corinne Lepage crée le club "Terre Démocrate"

Fondatrice de Cap 21, ancien ministre, cofondatrice et vice-présidente du MoDem, Corinne Lepage vient de renoncer à ses fonctions d'animatrice des commissions thématiques du mouvement. Cette décision est, semble-t-il, l'aboutissement (provisoire ?) de divergences entre elle et François Bayrou sur le mode de gouvernance du MoDem. De fait, Corinne Lepage avait appelé dès le lendemain des Européennes à un rapprochement entre le MoDem et Europe Ecologie ; et par ailleurs elle ne se prive pas de dénoncer le manque de transparence et de démocratie interne qui peut présider à certaines des décisions prises au sein du mouvement. En l'occurrence, elle a expliqué sa démission par la crainte de voir le travail des commissions laissé de côté lors de la préparation du congrès programmatique d'Arras, début décembre.

Parallèlement à cette décision, Corinne Lepage crée "Terre démocrate", un club de réflexion qui se donne pour objectif de rassembler les personnes de sensibilité démocrate (et en premier lieu, les adhérents ou anciens adhérents du MoDem) afin de réfléchir à la construction d'un modèle social d'après-crise, capable d'intégrer les enjeux économiques, sociaux et écologiques qui s'imposent désormais à nous.

Ce club a été créé à l'initiative de Corinne Lepage et d'une vingtaine de personnes issues aussi bien du monde politique (MoDem, Cap 21, PS) que de la "société civile" (responsables d'associations, magistrats, entrepreneurs...). La liste de ces membres fondateurs sera rendue publique début novembre, lors d'une assemblée constitutive.

Originalité du club : l'adhésion en est gratuite, mais elle exige de la part des adhérents des actions concrètes. Une charte en 10 points définit ces obligations, comme par exemple "assurer la promotion des bonnes pratiques environnementales et appliquer ces bonnes pratiques à soi-même".

Il s'agit donc à la fois d'un club de réflexion et d'un regroupement militant. Ce club apparaît également comme une passerelle entre la sphère "démocrate-centriste" et la sphère "écolo-socialiste". D'ailleurs, le sous-titre en est "L'imagination au pouvoir", ce qui ne saurait déplaire à Daniel Cohn-Bendit...

Avec ce club, Corinne Lepage jette les bases d'un rassemblement de citoyens autour de valeurs aujourd'hui en pointe : citoyenneté, humanisme, justice sociale, écologie, démocratie participative... Des valeurs sur lesquelles François Bayrou avait semblé vouloir construire son propre mouvement, avant de se laisser reprendre par les habitudes et les réflexes de la politique à l'ancienne... et de faire ainsi de nombreux déçus.


Edith Marchand
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jeudi 1 octobre 2009

Le MoDem s'oppose fermement à la privatisation de La Poste.

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Voici un communiqué officiel du MoDem des Hauts-de-Seine qui, conformément à la position nationale du Mouvement, s'oppose officiellement et fermement à la privatisation de La Poste.

Nous invitons tous les adhérents et sympathisants du MoDem à participer à la "votation" pour protéger ce service public et manifester aux yeux du gouvernement notre refus de le voir démantelé.



Le Mouvement Démocrate des Hauts-de-Seine s’associe au mouvement de protestation national contre le projet de privatisation de La Poste. Il affirme que l’avenir du service public de La Poste est l’affaire de tous les français.

Le service public postal remplit des missions indispensables en matière d’aménagement du territoire et de lien social. Ses missions de service public dépassent le cadre du service universel du courrier et de la presse, de l’accessibilité bancaire et de la présence postale territoriale, dans les zones rurales comme dans les quartiers populaires.

Compte-tenu de ces missions, il convient donc de considérer que la notion de rentabilité ne soit pas le seul objectif poursuivi par le Gouvernement.

Le gouvernement et la direction de La Poste envisagent le changement de statut de l’établissement public afin de le transformer en société anonyme dans le cadre de la loi de transposition de la directive postale mettant fin au monopole de La Poste sur le courrier de moins de 20 grammes, et ce au 1er janvier 2011.

Pour Marielle de Sarnez, «la directive européenne n’oblige en rien à la privatisation de la Poste mais impose seulement l’ouverture à la concurrence. Il faut des garde-fous à cette ouverture. C’est pour cela que je suis favorable au maintien d’un service universel de la Poste. La notion de rentabilité ne peut être le seul objectif ; c’est pourquoi, je souhaite que l’on puisse légiférer au niveau européen sur les services publics qui sont essentiels à la cohésion nationale et européenne, d’autant plus en période de crise». Cette position forte a été rappelée par Marielle de Sarnez, lors de son chat RTL du 14 mai 2009, dans le cadre des élections européennes.

Le service public postal est déjà l’objet de remises en cause très importantes avec plus de 6 100 bureaux de poste sur 17 000 déjà transformés en «partenariats» ; plus de 50 000 emplois ont été supprimés depuis 2002 sans pour autant qu’une amélioration du service rendu à la collectivité ait été constatée.

En Europe, les privatisations postales ont engendré baisse de qualité de service, augmentation des tarifs et destructions d’emplois.

Nous considérons que le service public postal doit être maintenu, modernisé et rénové afin de répondre aux besoins de la population sur l’ensemble du territoire.

Nous affirmons que la population a son mot à dire sur l’avenir du service public postal, dans le cadre d’un large débat public.

Hier, 30 septembre 2009, le Député MoDem Jean Lassale a publiquement pris position contre le projet du Gouvernement de privatisation de La Poste, dans lequel il y voit «une atteinte à la République française». Il a aussi exprimé son soutien à la démarche citoyenne de "votation", qu'il "faut les multiplier", et qu'il ira voter "de tout son coeur" pour défendre La Poste. Retrouvez l’intégralité de l’interview sur www.mouvementdemocrate.fr



La présidence du MoDem 92

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samedi 12 septembre 2009

Mahomet et la montagne...

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On connaît la formule attribuée à Mahomet : « Puisque la montagne ne vient pas à nous, nous irons à la montagne ». D’une certaine façon, « l’offre publique de dialogue » lancée le week-end dernier par François Bayrou aux diverses formations d’opposition semble s’en inspirer. Et pourtant, à y bien regarder, je me demande si ce n’est pas bel et bien la montagne qui est venue jusqu’à nous.

En effet, suite à cette offre de dialogue, nombre de commentateurs se sont demandé si « le MoDem ne serait pas passé à gauche ». Une interrogation que l’UMP et le Nouveau Centre se sont empressés de transformer en affirmation, avides qu’ils sont de lancer une opération de récupération de militants qu’ils imaginent perplexes ou déboussolés.

A ce sujet, rassurons tout de suite MM. Morin, Bertrand et consorts : les ovations qui ont accueilli à la Grande Motte les discours de François Bayrou et de Corinne Lepage montrent bien que les adhérents du MoDem, dans leur très grande majorité, approuvent la démarche d’ouverture entreprise par notre mouvement. Ces adhérents, comme tous les Français, ont compris depuis longtemps que la situation de notre pays exige une sorte d’union sacrée pour résoudre des problèmes concrets, et que les querelles d’étiquettes ou d’appellations ne sont plus de mise.

Cela dit, le MoDem a-t-il viré à gauche ? Pour ma part, j’ai envie de poser la question inverse : et si c’était la gauche qui avait glissé vers le MoDem ?

Affirmation mégalomane ? Voire. L’élection de Nicolas Sarkozy a marqué un tournant dans l’histoire de la droite française. Pour la première fois depuis la création de la Vème république, nous avons pour président un homme de droite néo-libéral, adepte avoué du modèle américain dans ce qu’il peut avoir de plus inégalitaire. Nicolas Sarkozy revendiquait la « rupture », et c’est bel et bien une rupture qu’il met en œuvre : la rupture avec une tradition française issue de la Libération et du programme du CNR (Conseil National de la Résistance). Cette tradition, faite de principes républicains et de solidarité, a été constamment respectée, au-delà des divergences politiques, par tous nos présidents successifs, de Charles de Gaulle à Jacques Chirac. Mais Nicolas Sarkozy veut rompre avec cette tradition. C’est Denis Kessler, n° 2 du MEDEF à l’époque et proche du président, qui écrivait le 4 octobre 2007 dans le journal Challenges : « Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. (…) Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! ». On ne saurait être plus clair. Et de fait, les réformes entreprises par le gouvernement depuis deux ans vont bien dans ce sens : celui d’une démolition en règle du modèle social français.

Nous sommes passés d’une droite libérale-sociale à une droite beaucoup plus dure, pour laquelle les inégalités croissantes ne sont pas forcément une mauvaise chose, ni les services publics une bonne chose. C’est dire que beaucoup de républicains qui, jusqu’alors, pouvaient sans problème se dire de droite, ne se reconnaissent plus dans le sarkozysme. La droite au pouvoir aujourd’hui n’est pas celle qui était au pouvoir hier.

Du coup, c’est tout le paysage politique français qui a évolué : tout l’échiquier s’est déplacé d’une case à droite. Ainsi, le durcissement de la droite a laissé libre un espace démocrate-social dans lequel une partie du PS s’est naturellement installée. Ce qui a pu occasionner certains déchirements. D’abord, avec le départ de M. Mélenchon et la création du « Parti de Gauche » qui, fort logiquement, s’est bientôt allié avec le PCF. Et aujourd’hui encore, l’évident clivage de ce même PS en deux tendances : celle qui suivrait volontiers le glissement à droite vers une position socio-démocrate mêlée de valeurs républicaines et de la reconnaissance de l’économie de marché, et celle qui se cramponne à un discours plus radical hérité des années pré-mitterrandiennes. Un discours qui sert d’ailleurs d’alibi idéologique beaucoup plus que de doctrine d’action.

Europe Ecologie a également bénéficié de cette évolution. Si les Verts ont pu longtemps être perçus comme des « gauchistes utopistes », trois mouvements se sont conjugués pour les rendre crédibles. D’abord, leur participation active à l’exécutif dans de nombreuses collectivités territoriales (notamment les conseils régionaux ou municipaux) a fait émerger un nouveau profil de responsables écologistes à la fois volontaristes et plus sensibles aux exigences de la gestion « réelle ». Ensuite, l’inquiétude croissante des citoyens devant le risque écologique sous toutes ses formes (OGM, réchauffement climatique, menaces sur la biodiversité…) les a mis sur le devant de la scène. Et enfin, la crise économique et les ravages sociaux provoqués par une politique néo-libérale a donné une forte actualité à leurs discours de remise en cause d’un modèle de société à reconstruire de fond en combles.

Et le MoDem, dans tout ça ? Eh bien, les valeurs démocrates et républicaines défendues par l’UDF étaient jusqu’à Jacques Chirac des valeurs globalement partagées par le RPR. La cohabitation était donc effectivement possible – et on l’a bien vu. Mais avec l’avènement du sarkozysme et de la droite néo-libérale qu’il incarne, ces mêmes valeurs sont aujourd’hui battues en brèche. La cohabitation n’est donc plus possible, sauf pour d’éventuelles raisons alimentaires. Ainsi, n’ayant pas bougé de leurs positions, François Bayrou et le MoDem se retrouvent catalogués par certains « à gauche », simplement parce que tout le reste a glissé vers la droite. La droite traditionnelle s’est muée en droite dure ; une partie de la gauche se retrouve sur des positions proches du MoDem et de ses valeurs de démocratie sociale héritées du CNR.

En somme, ceux qui nous accusent d’avoir « basculé à gauche » ne prouvent qu’une chose : qu’ils sont eux-mêmes passés d’une droite sociale à une droite dure, inégalitaire et obsédée par un modèle américain aujourd’hui désavoué. En croyant nous condamner, ils ne condamnent finalement qu’eux-mêmes.

Ch. Romain


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